mercredi 16 octobre 2013

Les primeurs déprimant ou le vain nouveau



Rouge à l'entrée. Rouge à la sortie.
Sa robe de rubis, son nez de fraise, 
sa bouche toute en cassis acidulé 
(des variantes rougeoyantes qui sont fonction des années).
Votre palais prend une couleur sanguine 
et votre fond d’œil prend une teinte rosée.
Comme c'est la fête, vous vous resservez.
Et le tube digestif s'enflamme.
Comme c'est la fête et les copains, vous en reprenez.
Les rouges ont maintenant des teintes violacées ;
la robe, le nez, la bouche et le tube qui n'est plus digestif.
Comme c'est la fête, les copains et une fois par an, vous ingurgitez.
Et puis !
Le trottoir, en face de la Cave, du bar ou du restaurant se colore d'un rouge soutenu avec quelques tâches brunâtres
(les nuances de brun dépendent du contenu du plat de charcuterie servi avec le breuvage), tandis que votre œsophage, peu habitué au double sens, est en feu, que votre estomac n'est plus que braises ardenteset que votre foie est une éponge sèche.
Ça brûle rouge.

A l'occasion de la fête du primeur
Tire-bouchonnez des vins de garde !

(Merci de penser aux trottoirs)

Laurent Geny

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