vendredi 29 novembre 2013

Le top 10 des recettes fiscales à proposer au gouvernement


Dans un esprit citoyen, dans le cadre d'une politique de redressement de la nation, pour venir en aide au gouvernement qui doit combler un déficit abyssal et dans un souci de justice équitable, nous proposons quelques pistes pour de nouvelles recettes fiscales ;






1/ Que soit instauré un prélèvement social sur le travail au noir (ici, il n'est pas question de stigmatiser une population !),

2/ Les achats faits en dehors de notre pays (cigarettes, pastis, équipement Hi-Fi, etc...) seront soumis à TVA,

3/ Il faut taxer les personnes possédant un vélo et ne s'en servant pas régulièrement,

4/ Les bains de mer doivent être soumis à l'impôt permettant ainsi de combler une partie du déficit des caisses sociales,

5/ Tous les comptes et livrets détenus par des enfants doivent être fiscalisés.

6/ Les travaux d'aménagement réalisés par vous-même dans votre logement devront être déclarés afin d'y appliquer une TVA de 5,5 que vous réglerez au centre des impôts le plus proche.
(ne vous plaignez pas, vous risqueriez d'être attaqué pour travail dissimulé ce qui entraînerait de grosses dépenses pour vous !)

7/ La TVA sur les stylos-plume, les stylos à bille, les crayons de papier sera réévaluée et passera à 33% comme tous les produits de luxe.

8/ Les rapports sexuels non-fertiles seront considérés comme loisir et donc taxés. Une TVA à 33 % sera applicable puisque l'on est dans le domaine du superflu.

9/ Pour des raisons de santé publique et d'économies, les personnes surprises sur la voie publique éternuant, se mouchant ou avec des yeux rougis seront verbalisées sur le champ.

10/ Les services religieux funéraires seront considérés comme signe extérieur de richesse et devront être déclarées sur l'année à venir. En cas d'incinération un abattement de 10% sera accordé au bénéfice du défunt.

 

La prostitution européenne en crise

Un projet de loi visant à pénaliser les clients de prostituées,
Berlusconi déchu de ses pouvoirs (adieu les soirées bunga bunga !),
les arrivages massifs des filles de l'Est (à l'instar des plombiers polonais),
déjà que la coupe du monde de foot 2014 va se faire au Brésil,
partis les Benzema, Ribéry et autres...
Encore une profession en crise ???!!!

mercredi 27 novembre 2013

2014 : un nouveau programme


du nouveau et du renouveau
un concept original, innovant, dynamique,
pour découvrir de nouveaux visages et promouvoir de nouveaux talents


 
un programme jeune, pour les jeunes
 
PROCHAINEMENT

mardi 26 novembre 2013

Prévention-Santé





Khadafi : décédé
Moubarak : malade
Ben Ali : malade
Bouteflika : malade
 
Pensez à vous vacciner contre la grippe saisonnière

samedi 23 novembre 2013

Putain... la honte !


De toute façon, cela finira bien par se savoir, via les ondes de radio blabla, alors autant le dire nous-même !

Nous n'avons pas réagi lorsque l'idée de pénaliser les clients de prostituées fut émise. Pénaliser les prostituées serait également ridicule, ce sont les proxénètes qu'il faut sévèrement punir et protéger les filles et garçons qui dénoncent leurs « hommes ».

Nous n'avons pas non plus réagi quand « 343 salauds » ont signé une pétition affirmant le droit de chacun « à avoir sa pute ». Certains se sont ravisés au prétexte qu'ils avaient signé sans réfléchir ; d'autres auraient aimé se retirer mais ne l'ont pas fait, craignant qu'on leur im(pute) un manque de conviction (il est à noter ce jeu sur les mots assez hilarant ma foi !).

Mais, voilà, la vérité est que notre compétence en ce domaine est faible.

Putain... la honte !

Nous avons connu les putes du Barrio Chino tellement vieilles, laides et caricaturales qu'elles en devenaient belles comme dans un film de Federico Fellini.

Nous avons connu des putes à Pigalle tellement outrancières et vulgaires qu'elles semblaient sorties d'un bordel de Sao Paulo (on imagine que l'image est parlante mais rien n'est moins sûr!).

Nous avons passé une nuit à boire dans un bar à filles avec une pute et, quand l'addition salée tomba, le patron-mac a déclaré : « C'est bon vous pouvez passer la nuit avec la fille ! ».

Putain... la honte !

La vérité est que nous ne sommes jamais montés ni même descendus ou quoi que ce soit d'autre d'ailleurs.

L'imagerie de la pute au grand cœur, du père amenant son fils au bordel pour qu'il se fasse déniaiser, des images néo-réalistes des films italiens, tout cela est du folklore, du rêve, de la poésie peu coûteuse qui peut servir, en cas de besoin impérieux, à alimenter votre imagination pendant qu'avec la main...

Putain... la honte !

Nous ne sommes pas en mesure de juger les prostituées(és), ni leurs clients(es), mais nous avons un avis.

C'est dur à dire mais, au risque de paraître peu viril, l'idée d'avoir à payer pour faire l'amour nous ramollit du bas-ventre. Nous sommes persuadés que l'amour non-partagé n'en est pas et qu'il ne peut se pratiquer sous la contrainte, fut-elle financière.

Putain... la honte !

Laurent Geny












mercredi 20 novembre 2013

Faut-il embastiller Hollande ou le décapiter en place de Gréve* ? (suite)


D'après des sources fiables l'équipe de France de football serait qualifiée pour la Coupe du Monde (au Brésil) grâce à une victoire de trois buts à zéro contre l'Ukraine. Selon notre logique implacable, ceci devrait impliquer l'inversement de la courbe d'opinions en faveur de François Hollande.

Et pourquoi donc ?
Les supporters de foot seraient-ils des pro-Hollande qui s’ignorent ?
Le football serait-il indexé sur le cout de la vie ?... mouais, pas vraiment...
Didier Deschamps aurait-il eu des promesses émanant du ministére ?… c'est ça,... et Ayrault rabatteur à Pigalle...
Parce qu’avec cette victoire, la vie va radicalement changer ?

Non !
Inconsciemment, vous allez associer équipe de France de Foot et nation française, nation française et gouvernement,
gouvernement à Président Hollande,
François Hollande avec victoire, après beaucoup de difficultés, des footballeurs français.
Rien n'a changé de manière décisive, c'est comme avant, vos soucis sont les mêmes, vos interrogations inexorables. MAIS, vous aurez le sourire et confiance en l'avenir.
Et ça, ça change tout !

Jusqu'au prochain match...

Laurent Geny

samedi 16 novembre 2013

Faut-il embastiller Hollande ou le décapiter en place de Grève* ?

Quelques raisons à cette interrogation...
Son apparence tranquille et molle (le Flanby n'était pas à la mode à cette époque) et sa tendance bourbonnaise à épaissir du cou peuvent réveiller le sans-culotte qui sommeille en nous.
Les médias « classiques » ne sont pas tendres avec notre Président et préfèrent annoncer les mauvaises nouvelles plutôt que les bonnes (et oui, il y en a !)è

Les sondages quotidiens (qui ont un manque à gagner depuis le départ de Nicolas) multiplient les « indices » du désamour des français, oubliant au passage d'expliquer pourquoi cette haine se focalise sur François Hollande, ce qui serait tout de même plus perspicace.

Les pseudo journalistes du web divulguent à coup de petites phrases et de gros titres des informations incomplètes ou partielles. Les accros du web relaient ces reliquats d'informations et ces rumeurs devenues vérités. Tout ce petit monde se trouve fort courageux de traiter François Hollande (tout de même Président de la République) de « connard » sur les réseaux sociaux. Le paradoxe est que Nicolas Sarkozy, qui était beaucoup plus clivant, générait moins de haine.

François Hollande paie parce que ses prédécesseurs (Sarkozy, Chirac, Jospin,...) n'ont pas su restructurer le pays, que la mondialisation oblige à redéfinir notre système économique, et que les pays européens ne marchent pas dans le même sens. Il stigmatise aujourd'hui toutes les oppositions qui s'opposent d'ailleurs entre elles :
- les anti-mariage gay ;
- les racistes de toutes couleurs ;
- les fervents de l'agriculture intensive ;
- ceux qui voudraient que ce soit les autres qui paient ;
- les déçus de l'équipe de France de foot ;
- ceux qui pensent qu'on peut tout dire et donc dire n'importe quoi ;
- ceux qui veulent plus d'Etat et ceux qui veulent moins d'Etat ;
la liste n'est pas exhaustive...

Notre sentence est qu'il ne faut pas, pour le moment, le pendre haut et court, même pour rigoler et pour voir.
Nous pensons même que la courbe d'opinions s'inversera et que des résultats verront le jour, et ce, pas forcément parce que le gouvernement aura agi mais en raison d'un mouvement global.
Cependant nous ne sommes pas contre le fait de supplicier Jacques Cresta pour voir s'il peut parler !



*Place de Grève devenue Place de l'Hôtel de Ville pour les incultes.

mercredi 13 novembre 2013

Ruban d’école


Hier à 17 heures, je suis allé chercher mon fils à l’école.

Son école a été rénovée avec, entre autres, une nouvelle cantine et une nouvelle entrée. Des oliviers ont été plantés devant le bâtiment désormais appelé « groupe scolaire ».

Je suis passé devant l’entrée principale où se trouvaient des employés municipaux qui s’activaient mais je n’y ai pas prêté attention et me suis dirigé vers l’ancien portail (en fait, il semble que ce soit compliqué de faire sortir tous les enfants par la nouvelle entrée).

En m’y rendant, j’ai croisé des groupes de personnes âgées et j’ai trouvé ça chouette tous ces grand-parents et arrière grand-parents qui allaient chercher leurs petits !

J’ai récupéré mon fils et j’ai rebroussé chemin. Là, j’ai croisé des gens en costume cravate et en tailleur saumoné. Il y avait un ruban devant la nouvelle entrée. Le ruban avait été coupé et le maire, ainsi que l'ancien maire, ont déclaré que « qu'auparavant cette école avant n'était pas intégrée dans le quartier et que, maintenant, c'est une vraie école qui s'inscrit dans la perspective et le dynamisme du quartier » (bon, je résume un peu mais je n'ai pas bien compris si cela voulait dire quelque chose). Les vieux ont souri et applaudi !


Dans les locaux,
ils avaient installé un buffet
et mon fils a voulu voir.
Les vieux aussi. Et la mairie aussi.

A l’intérieur, les officiels et les vieux se sont émerveillés devant les travaux réalisés puis se sont dirigés vers le buffet. Les parents d’élève n'étaient pas là et leurs enfants non plus d'ailleurs. Quant aux enseignants, ils étaient déjà rentrés chez eux. J'ai juste vu les directeurs de la maternelle et de l'école primaire et leur tête m'a fait penser qu'ils avaient été désignés volontaires.

Mon fils était ravi parce qu'il a pu boire de la fameuse boisson gazéifiée américaine. Comme je paie des impôts locaux substantiels, je me suis autorisé à boire un muscat et à manger deux toasts.

Quand mon fils a voulu se resservir (c’est un goinfre cet enfant !), je lui ai dit non en lui expliquant que je ne souhaitais pas que les impôts locaux augmentent davantage. Mon fils m’a demandé où avaient disparu le pamplemoussier et le potager que les enfants de l'école entretenaient jusqu'alors.

Puis, nous sommes rentrés et, un peu morose, j’ai vérifié si ma carte d’électeur était toujours valide.

Laurent Geny

lundi 11 novembre 2013

FosseBook et les mots sales (P.... dix ans !)

« Presseasandales » est régulièrement choqué par la façon dont certaines personnes expriment un avis ou une divergence d'opinion, voire un rejet. Et ce, principalement sur les réseaux sociaux.
En effet, un désaccord peut s'exprimer autrement qu'au travers de vulgarités et de grossièretés du type « connard, enculé... » et autres propos xénophobes (que nous ne retranscrirons pas) et qui n'ont, au final, que peu de sens.
De surcroît, la pauvreté de vocabulaire est affligeante et peut vous faire passer pour un simplet, invalidant de ce fait le fond de votre message.
Aussi, « presseasandales », dans le souci de vous éveiller culturellement et d'enrichir votre vocabulaire, vous indique quelques pistes pour colorer vos propos et vous inciter à utiliser des qualificatifs bienséants pour injurier quelqu'un. 

(Ces formules sont majoritairement issus du XIXème : le siècle pas le quartier !).

Un accapareur de merde d’abeilles est un égoïste, le caliborgnon une personne louche. L'astrologue est un incompétent et le buveur d'eau un triste sire.
L'officier de tango, un tricheur, le mangeur d’Oremus, un puritain, l'âme de limonade, un miséreux, le confrère de la lune est cocu, le fouille au pot, un mauvais cuisinier (il serait plaisant que vous ne fassiez pas d'allusions à « la cuisine à Lolo »), l'enfant de la messe de minuit, un débauché, le lessivé de la toiture est un fou.
Avouez que toutes ces formules sont des invitations à la réflexion et à la poésie... Continuons donc.
Un requin de terre est un huissier et un gogurlu un glouton, une dagorne est une vieille femme rabougrie tandis qu'un lapin de corridor est un larbin, un hanneton empaillé est un étourdi, une dépouilleuse d'enfants dans les allées une voleuse.
Un trancheur de montagne avec une livre de beurre est un gros menteur, un tondeur de la nappe, un pique-assiette. Tiens, justement celui-là me fait penser à ... !
Un porte-paquets est une commère et la momie d'Egypte désigne un paresseux, le chiffonnier de la double colline est un mauvais poète et parler d'un matelas d'invalide, c'est parler d'une prostituée malsaine et, pour finir, dire de quelqu'un qu'il se prend pour le premier moutardier du Pape, c'est dire qu'il est hautain !

Dans l'avenir nous trouverons probablement :
Centrifugeuse à particules, pour intellectuel pédant,
Organisme sans ADN, pour quelqu'un sans personnalité,
Organisme Génétiquement Malvenu, pour un gêneur, un pollueur,
Tablette baveuse, pour une commère,
Téléphone à cadran, pour attardé mental,
Fibre troptite, pour étriqué, avare,
Botoxé du cerveau, pas la peine de développer,
et ainsi de suite...


Alors, quitte à être revanchard, aigri et injurieux, faites-le avec finesse, et amusez-vous en faisant travailler votre imagination !!!

Laurent Geny

vendredi 8 novembre 2013

Mesures de prévention

Quelle reconversion peut-on proposer à nos politiques ? 
(Avant qu'ils ne fassent trop de conneries...)

François Hollande,
ayant fait ses preuves en matière de dialogue deviendrait médiateur social.
Jean-François Copé,
s'occuperait de la communication de Britney Spears. 
(C'est loin l'Amérique ?)


François Bayrou,
serait professeur de danse ou maître de ballet (spécialisé dans le pas de deux).
Jean-Louis Borloo,
se lancerait dans la coiffure pour dames.

Nathalie Kosciusko-Morizet,
trouverait un emploi de raboteuse de canine chez un dentiste spécialisé.

Louis Aliot,

resterait avocat et n'aurait qu'un seul client : la famille Le Pen, qui devrait en toute logique continuer à se faire remarquer par ses outrances et ses dérapages.
Jean Codognés,
après avoir envoyé une candidature spontanée, serait engagé comme inspecteur gastronomique pour le Guide Michelin.

Jean-Marc Pujol,
aurait une fonction cumulée de gardien, de comptable et de responsable de la billetterie du mémorial de Rivesaltes.

Jean-Paul Alduy,
serait coach en « dynamisme corporel 
et application de la méthode Coué ».


Christian Bourquin,
aurait la fonction de curé refroqué septimaniaque.


Jacques Cresta,

figuration lumière 
et doublure de silhouette.
(de qui vous savez !)


Jacqueline Amiel-Donat,
conseillère en opposition de l'opposition, mais minoritaire ! 
On ne se refait pas...



Cali,
chanteur à textes de "drauche"
.


jeudi 7 novembre 2013

07/11/2013 Camus

Le consentement aux adieux

7 novembre 2013, 14:54
La voiture de location glisse en douceur sur la route qui déroule son ruban à mes yeux fatigués.
L’intérieur sent le neuf. L’impersonnel. Le locataire précédent a programmé Radio-Soleil sur le tableau de bord. J’ai éteint la radio qui s’était déclenchée en mettant le contact.
Il y a cinq jours. La gare d’Arles à l’aurore.
La bouffée de mistral sous la lumière de Vincent m’a cueillie à la descente du train. L’adolescence de plein fouet.
L’agence de location. La voiture catégorie A sur le parking, d’un gris-noir funéraire. Je ne l’ai pas choisie.
Mercredi 28 janvier 2004, 07h00 : mon père vient de mourir, et je l’ignore encore.
Les cinq jours suivants sont passés comme un seul. Les matins ont succédé aux nuits sans rupture et je n’ai pas dormi. Les heures se sont enchaînées sans repère.
Présent perpétuel. Les formalités. Les gestes automatiques. La maison recroquevillée. L’exil dans les yeux de ma mère. Le mur du silence.
L’enterrement le vendredi. Mon nom gravé sur la tombe.
Je n’ai pas d’émotion et je voudrais m’enfuir.
C’est dimanche à l’aurore que l’idée m’est venue, dévorant tout l’espace. Elle était là depuis si longtemps, quelque part dans mes fibres, dans mes os, sur ma peau.
Elle avait suspendu son moment, pour revenir à la surface après une nuit sans sommeil passée à veiller sur celui de ma mère.
Trente ans pour parcourir trente kilomètres.
Ce lundi, en début d’après-midi, saturée de café, j’ai prétexté une urgence improbable afin de m’échapper. Désertée de tout, absente et perdue, je devais retrouver la source, l’énergie, l’essence de mon être, récupérer la trame du récit de ma vie. Oui, l’urgence était là de n’être pas engloutie par ce gouffre béant qui s’ouvrait sous mes pieds.
La voiture semble flotter. Le ronron du moteur berce mon corps épuisé. Alcool et tranquillisants pour essayer de dormir, café pour me maintenir éveillée, j’éparpille ma solitude dans une confusion rassurante.
Lambesc, Rognes, La Roque d’Anthéron, le pont sur la Durance, Cadenet, ces lieux me sont vaguement familiers. Dans un autre temps, mon père conduisait sur ces routes voisines, pour aller chasser, accompagné de ses chiens et de mon frère. J’ai dû traverser ces villages, mais je ne me souviens plus.
Je savais depuis l’âge de quinze ans qu’au bout de la route se trouvait Lourmarin.
Je savais qu’Albert Camus reposait au cimetière de Lourmarin. Mais cette route n’avait jamais pu être mienne et j’ignorais pourquoi.
 Je descends la vitre automatique afin de me réveiller un peu. Nous sommes au cœur de l’hiver. Je n’ai croisé personne. Malgré le froid qui mord et les coups de poignard du mistral acéré, le soleil provençal parvient à diffuser une chaleur timide. L’air est d’une transparence bleutée, si pure et juvénile, que cela me fait mal. La garrigue transie me ressemble.
Solitaire et solidaire.
Le paysage s’ouvre au détour d’un virage. Des champs, des oliviers, et à l’arrière-plan un village typique de carte postale, maisons ocres serrées autour d’une église dont le clocher déchire le ciel. Au bas de la route, le panneau Lourmarin indique que je suis arrivée à destination.
J’ai le trac comme si je devais monter sur scène. C’est étrange de pénétrer dans le tableau d’une vie qui n’est pas mienne et que j’ai si souvent imaginée. J’ai pensé ce décor pendant des années et me voici vivante parmi les pierres qui sont plus réelles que moi.
Je gare la voiture en bas du village. J’ai envie de marcher. Je sais où je veux aller. J’embrasse du regard tout le panorama. Aucun être humain à la ronde.
Suis-je en train de rêver ? Des oiseaux tourbillonnent, ballottés par le vent, des étourneaux je crois. Je n’ai pas parlé depuis des heures. Je ne me souviens plus du son de ma voix.
Je ne sais plus très bien comment ça s’est passé. Je ne suis pas entrée dans le village. Je crois que c’était à droite, un chemin qui montait. J’ai dû voir un panneau indiquant « cimetière ».
L’éternité à Lourmarin.
L’endroit est tout petit. Quelques allées à flanc de colline. J’ai dû y entrer dans un état second, car aujourd’hui encore tout ce dont je me souviens est le bruit de mes pas crissant sur les graviers parsemés sur la terre. Un chat roux de passage m’a regardée avec une curiosité nonchalante. J’ai souri à cette présence discrètement complice, mon premier sourire depuis des siècles.
La tombe est à gauche, tout près de l’entrée, dans ma mémoire floue.
Gravé sur une pierre rectangulaire :
Albert Camus
1913-1960
Un romarin occupe l’espace à la surface de la tombe. Ses petites fleurs bleues, flottant dans le vert profond de l’arbuste, sont comme des étoiles dans un ciel maritime.
Trois jours auparavant, je me trouvais dans un autre cimetière, sidérée dans un lieu trop grand, sans arbre, plantée devant le marbre froid, pressentant mon cadavre dévolu à un trou dont je ne voulais pas. Je ne pouvais détacher mon regard des deux photos en médaillon de mon père, choisies en somnambule, ces deux instantanés d’une vie figée pour toujours, d’un corps qui commençait à se décomposer. Mes pensées étaient paralysées, gelées dans la terreur de l’obscénité du souvenir prédateur. Tout en moi refusait le consentement aux adieux. Je n’étais que colère.
Je me révolte, donc nous sommes.
Devant cette modeste sépulture, tellement conforme à l’idée que je me fais de Camus depuis qu’il m’accompagne, montent à mes lèvres les mots que je n’ai pas pu dire, ni même penser, pour un père qui ne m’a pas attendue pour mourir.
Me laissant lentement envahir d’une étrange sérénité, je formule à voix haute des phrases qui coulent de ma gorge en un flot continu, méditerranéen, cantique profane rédempteur en mode automatique.
Je ne sais pas très bien auquel de ces deux pères j’adresse ces paroles : celui reçu ou celui choisi, quand, au bout du compte, l’un ne va pas sans l’autre…
A travers l’un, je remercie l’autre. L’enfant marseillais solitaire rejoint l’orphelin algérois dans un bain de minuit méditerranéen que seule la mort a rendu possible. Elevée par l’un et l’autre, ceux que j’ai longtemps opposés fraternisent en cet instant unique pour m’offrir l’exil et le royaume d’un affranchissement que je n’attendais pas.
Le soleil commence à prendre ses quartiers d’orange à l’instant du départ.
Avant de franchir tout à fait le portail, de quitter un peu plus mon enfance, je me retourne pour embrasser les lieux que j’emporte avec moi.
Le chat est allongé dans l’allée et me suit du regard, sentinelle de feu pour mon être apaisé.
Au milieu de l’hiver, j’apprenais enfin qu’il y avait en moi un été invincible.

Geneviève Colonna

vendredi 1 novembre 2013

"Puisque le peuple est incohérent, 
il faut dissoudre le peuple", Bertolt Brecht.