Hier
à 17 heures, je suis allé chercher mon fils à l’école.
Son
école a été rénovée avec, entre autres, une nouvelle cantine et une nouvelle entrée. Des oliviers ont été plantés
devant le bâtiment désormais appelé « groupe scolaire ».
Je
suis passé devant l’entrée principale où se trouvaient des
employés municipaux qui s’activaient mais je n’y ai pas prêté
attention et me suis dirigé vers l’ancien portail (en fait, il
semble que ce soit compliqué de faire sortir tous les enfants par la
nouvelle entrée).
En
m’y rendant, j’ai croisé des groupes de personnes âgées et
j’ai trouvé ça chouette tous ces grand-parents et arrière
grand-parents qui allaient chercher leurs petits !
J’ai
récupéré mon fils et j’ai rebroussé chemin. Là, j’ai croisé
des gens en costume cravate et en tailleur saumoné. Il y avait un
ruban devant la nouvelle entrée. Le ruban avait été coupé et le
maire, ainsi que l'ancien maire, ont déclaré que « qu'auparavant
cette école avant n'était pas intégrée dans le quartier et que,
maintenant, c'est une vraie école qui s'inscrit dans la perspective
et le dynamisme du quartier » (bon, je résume un peu mais je
n'ai pas bien compris si cela voulait dire quelque chose). Les vieux
ont souri et applaudi !
Dans
les locaux,
ils avaient installé un buffet
et mon fils a voulu voir.
Les vieux aussi. Et la mairie aussi.
A
l’intérieur, les officiels et les vieux se sont émerveillés
devant les travaux réalisés puis se sont dirigés vers le buffet.
Les parents d’élève n'étaient pas là et leurs enfants non plus
d'ailleurs. Quant aux enseignants, ils étaient déjà rentrés chez
eux. J'ai juste vu les directeurs de la maternelle et de l'école
primaire et leur tête m'a fait penser qu'ils avaient été désignés
volontaires.
Mon
fils était ravi parce qu'il a pu boire de la fameuse boisson
gazéifiée américaine. Comme je paie des impôts locaux
substantiels, je me suis autorisé à boire un muscat et à manger
deux toasts.
Quand
mon fils a voulu se resservir (c’est un goinfre cet enfant !),
je lui ai dit non en lui expliquant que je ne souhaitais pas que les
impôts locaux augmentent davantage. Mon fils m’a demandé où
avaient disparu le pamplemoussier et le potager que les enfants de
l'école entretenaient jusqu'alors.
Puis,
nous sommes rentrés et, un peu morose, j’ai vérifié si ma carte
d’électeur était toujours valide.
Laurent Geny
Laurent Geny

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