Aujourd'hui,
c'est la reprise.
Je
suis là, devant le miroir de la salle de bains. Je rase.
Je
rase cette tentative de barbe, une lubie estivale déjà terminée.
Je
rase donc et je repense aux semaines passées.
« Tout
d'abord, j'ai eu la gueule de bois suite à une sangria tellement
rafraîchissante bue au bar d'un camping, oui, juste avant
d'attaquer les mojitos alors que Nelson Mandela n'en finissait pas de
mourir... »
« Mon
corps n'était plus qu'une grande brûlure : le résultat
d'expositions répétées au soleil, et on cherchait des corps
refroidis par Benito… »
« Puis,
ma fille a eu les yeux plein de larmes après avoir
malencontreusement écrasé une fourmilière pendant que Bachar
gazait son peuple... »
« Ensuite,
sur la plage, j'avais discrètement repéré une fille aux formes
avantageuses et le soir-même je l'ai croisé au bras d'un garçon
pectoralement musclé (juste au moment où mon épouse s'émerveillait
en regardant le ciel étoilé) et D.S.K. se révélait être un
professionnel de l'abattage... »
« La
déception de mon fils a été grande quand il me quémanda une glace
que je ne pus lui payer tandis qu'Henri Guaino se plaignait de ses
« lamentables » conditions de salaire... »
« Enfin,
j’ai eu une très forte pulsion de meurtre sur un automobiliste qui
m’avait fait une queue de poisson sur la route des plages pendant
que les militaires égyptiens écrasaient les « frères
musulmans » pour leur excès de zèle islamique...
(Rappelons
que les « Frères » feront de même avec les militaires
dès qu'ils en auront la possibilité.) »
L'an
passé ma période estivale avait été sensiblement la même,
bah,
l'année prochaine ce sera mieux, oui, beaucoup mieux, enfin, mieux
que cette année,... Aïe..., je me suis coupé, du sang !
Mon
sang coule, il faut que j'arrête ça, vite les toilettes, un bout de
PQ pour stopper « l'hémorragie », je ne peux tout de
même pas aller au travail comme ça !
Difficile
reprise.