Parfois un collègue de
travail (au pire votre supérieur), que vous êtes obligé de saluer
dans la journée, vous invite à dîner ; des parents de l'école
où est votre fille, vous invitent à prendre l'apéritif chez eux ;
un ancien copain de classe retrouvé depuis cinq minutes tient à
vous présenter à sa femme et à ses enfants et à vous parler du
« bon vieux temps » ; des amis à vos parents
souhaitent que vous veniez boire le thé en famille un dimanche
après-midi ; quelqu'un avec qui vous avez passé une soirée
avinée au comptoir d'un bar quelconque pense que ce serait
« chouette » de se revoir, « vous avez tellement de
points communs »,...
Comment se débrouiller de ces invitations vouées à l'ennui ou au désespoir ?
Nous allons tenter de vous
aider à vous sortir de ces situations potentiellement embarrassantes
en vous proposant quelques formules pratiques et en vous permettant
d'éviter quelques pièges.
Tout d'abord, évitez de
faire mourir votre mère ou votre grand-mère (elle ne vous a rien
demandé) car l'invitation pourrait se renouveler et si, par
inadvertance, vous la faisiez mourir plusieurs fois, ce pourrait
être gênant. Choisissez plutôt la maladie ou l'accident. En plus,
cela vous laisse toujours la possibilité de réitérer l'opération
plusieurs fois (et oui ! Il y a des gens qui n'ont pas de bol!).
Une surcharge inopinée de
travail, une invitation que vous aviez oublié, une nounou qui vous
laisse tomber au dernier moment parce que son père a eu une crise
cardiaque, sont des excuses à employer avec la plus grande
précaution car elles peuvent éveiller des doutes chez votre
interlocuteur. Il est probable qu'il ait déjà eu lui-même à
utiliser de tels subterfuges.
En résumé,
l'impondérable est à manier avec la plus extrême délicatesse. De
plus des qualités de comédien sont nécessaires pour un minimum de
crédibilité.
« Je
m'aperçois que j'ai fait une connerie en te disant bonjour et j'aime
autant éviter le pire ! »
« Ta
femme, tes gosses et ton bon vieux temps, tu sais où tu peux te les
mettre ! »
« Je
vous souris, parce que c'est ce que souhaite mes parents, mais si
vous aviez Alzheimer et que vous m'oubliiez pour toujours j'en serai
vraiment heureux ! »
« Je
courbe le dos toute la journée au bureau mais si je venais à me
redresser je te ferai avaler ton dîner à coup de châtaignes et de
marrons accompagnés de quelques bonnes patates dans ta gueule ! »
NON, reprenez-vous.
de diplomatie et un soupçon de
franchise.
« Nous
sommes dans une excellente dynamique de travail et je ne voudrai pas
que cet état d'esprit soit gâché par une relation plus intime qui
gênerait une collaboration franche et sincère ! »
« Ce
serait certainement très agréable de développer cette amitié
naissante, mais en ce moment je traverse une période personnelle
compliquée (je n'en parlerai pas puisque c'est très personnel !)
et je ne puis mettre en péril le difficile équilibre que j'ai
réussi à instaurer dans ma vie depuis déjà une bonne dizaine de
minutes ! »
« Imagine
que je m'entende bien avec ta femme (tu sais que j'ai toujours
convoité la femme des autres), alors, cette superbe épouse, cette
mère de famille dévouée que j'aurai de façon ignoble séduit et
abusé, je la détournerai de son chemin, pour finalement finir par
la laisser tomber de façon honteuse, et toi, tu m'en voudrais... et
imagine aussi qu'à cette occasion-là je me découvre des pulsions
homosexuelles et que, de façon ignoble, je te détourne... »
Vous avez compris le
principe :
et ne pas avoir peur de paraître
lugubre, sinistre et triste à mourir.
Bien
sûr, il faut vous adapter à la situation. Mais, sachez que grâce à
ces subterfuges vous pourrez continuer à regarder la télévision le
soir, tranquillement affalé sur votre canapé, un peu trop mou, et
vous endormir tranquillement, heureux d'avoir su vous dépêtrer de
ces demandes.
Bonsoir !
Laurent Geny
Laurent Geny
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire