samedi 12 octobre 2013

Comment (poliment) décliner une invitation

Parfois un collègue de travail (au pire votre supérieur), que vous êtes obligé de saluer dans la journée, vous invite à dîner ; des parents de l'école où est votre fille, vous invitent à prendre l'apéritif chez eux ; un ancien copain de classe retrouvé depuis cinq minutes tient à vous présenter à sa femme et à ses enfants et à vous parler du « bon vieux temps » ; des amis à vos parents souhaitent que vous veniez boire le thé en famille un dimanche après-midi ; quelqu'un avec qui vous avez passé une soirée avinée au comptoir d'un bar quelconque pense que ce serait « chouette » de se revoir, « vous avez tellement de points communs »,...                                            

Comment se débrouiller de ces invitations vouées à l'ennui ou au désespoir ?

Nous allons tenter de vous aider à vous sortir de ces situations potentiellement embarrassantes en vous proposant quelques formules pratiques et en vous permettant d'éviter quelques pièges.


Tout d'abord, évitez de faire mourir votre mère ou votre grand-mère (elle ne vous a rien demandé) car l'invitation pourrait se renouveler et si, par inadvertance, vous la faisiez mourir plusieurs fois, ce pourrait être gênant. Choisissez plutôt la maladie ou l'accident. En plus, cela vous laisse toujours la possibilité de réitérer l'opération plusieurs fois (et oui ! Il y a des gens qui n'ont pas de bol!).

Une surcharge inopinée de travail, une invitation que vous aviez oublié, une nounou qui vous laisse tomber au dernier moment parce que son père a eu une crise cardiaque, sont des excuses à employer avec la plus grande précaution car elles peuvent éveiller des doutes chez votre interlocuteur. Il est probable qu'il ait déjà eu lui-même à utiliser de tels subterfuges.
En résumé, l'impondérable est à manier avec la plus extrême délicatesse. De plus des qualités de comédien sont nécessaires pour un minimum de crédibilité.

Alors que faire ? que dire ?
Ne dites pas,
« Je m'aperçois que j'ai fait une connerie en te disant bonjour et j'aime autant éviter le pire ! »
« Ta femme, tes gosses et ton bon vieux temps, tu sais où tu peux te les mettre ! »
« Je vous souris, parce que c'est ce que souhaite mes parents, mais si vous aviez Alzheimer et que vous m'oubliiez pour toujours j'en serai vraiment heureux ! »
« Je courbe le dos toute la journée au bureau mais si je venais à me redresser je te ferai avaler ton dîner à coup de châtaignes et de marrons accompagnés de quelques bonnes patates dans ta gueule ! »

NON, reprenez-vous. 
Optez plutôt pour un savant mélange 
de diplomatie et un soupçon de franchise.

« Nous sommes dans une excellente dynamique de travail et je ne voudrai pas que cet état d'esprit soit gâché par une relation plus intime qui gênerait une collaboration franche et sincère ! »

« Ce serait certainement très agréable de développer cette amitié naissante, mais en ce moment je traverse une période personnelle compliquée (je n'en parlerai pas puisque c'est très personnel !) et je ne puis mettre en péril le difficile équilibre que j'ai réussi à instaurer dans ma vie depuis déjà une bonne dizaine de minutes ! »

« Imagine que je m'entende bien avec ta femme (tu sais que j'ai toujours convoité la femme des autres), alors, cette superbe épouse, cette mère de famille dévouée que j'aurai de façon ignoble séduit et abusé, je la détournerai de son chemin, pour finalement finir par la laisser tomber de façon honteuse, et toi, tu m'en voudrais... et imagine aussi qu'à cette occasion-là je me découvre des pulsions homosexuelles et que, de façon ignoble, je te détourne... »
Vous avez compris le principe : 
mêler vrai et faux 
et ne pas avoir peur de paraître lugubre, sinistre et triste à mourir.
Bien sûr, il faut vous adapter à la situation. Mais, sachez que grâce à ces subterfuges vous pourrez continuer à regarder la télévision le soir, tranquillement affalé sur votre canapé, un peu trop mou, et vous endormir tranquillement, heureux d'avoir su vous dépêtrer de ces demandes.
Bonsoir !

Laurent Geny

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