Coluche,
Desproges et Métayer sont morts. Bedos a fait son temps.
Il
n’y a peut-être jamais eu autant d’émissions dites « d’humour »
et pourtant, nous ne rions plus. Plus franchement. Nous esquissons.
Nous
avons fini par appliquer le principe de précaution : l'humour
devant être prudent et préserver l'autre. Son existence actuelle,
alternant entre le « poli » et le « graveleux »,
n'apparaît que sur un tempo préalablement convenu. Les rires sont
préalablement enregistrés où obéissent à un signal. Rire dans la
norme !
Nous
vivons dans un monde où les différences sont nivelées et où le
concept égalitaire est devenu totalitaire.
Poids,
couleurs, cultures, religions, pensées,... ; uniformisés.
Il
reste l’argent. Là, pas de partage.
Pour
rire, il faut savoir se moquer de l’autre et de sa différence et
donc accepter, aussi et surtout, de se moquer de soi et de sa propre
différence.
L’humour,
c’est le pet de travers sur la toile cirée, non ?
Rire,
c’est une manière de reconnaître ce que nous sommes : « de
pauvres mortels ». Et oui, vous mourrez. Nous aussi, mais
après !
Rire
est libérateur et expiatoire lorsque ce rire ne passe pas par le
nettoyage d’une bouche un peu serrée, étroite. En cul de poule.
Au
lieu de déverser une haine que nous ne savons exprimer autrement
(via les réseaux sociaux) à l’écoute de faits divers (par
ailleurs souvent terribles) faisons de l’humour. Noir.
Le
noir, ça va avec tout.
On
baigne dans le politiquement correct laissant la place à des
politiques qui font de moins en moins de politique (au sens de
l’organisation de l’État) et de plus en plus de caricature (au
sens du spectacle).
Faut-il
qu’un comique se présente aux élections pour que les politiciens
aient la science des affaires de la cité ?
Laurent Geny
Laurent Geny

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