samedi 5 octobre 2013

Difficile d'en rire

Coluche, Desproges et Métayer sont morts. Bedos a fait son temps.

Il n’y a peut-être jamais eu autant d’émissions dites « d’humour » et pourtant, nous ne rions plus. Plus franchement. Nous esquissons.
Nous avons fini par appliquer le principe de précaution : l'humour devant être prudent et préserver l'autre. Son existence actuelle, alternant entre le « poli » et le « graveleux », n'apparaît que sur un tempo préalablement convenu. Les rires sont préalablement enregistrés où obéissent à un signal. Rire dans la norme !

Nous vivons dans un monde où les différences sont nivelées et où le concept égalitaire est devenu totalitaire.
Poids, couleurs, cultures, religions, pensées,... ; uniformisés.
Il reste l’argent. Là, pas de partage.
Pour rire, il faut savoir se moquer de l’autre et de sa différence et donc accepter, aussi et surtout, de se moquer de soi et de sa propre différence.
L’humour, c’est le pet de travers sur la toile cirée, non ?

Rire, c’est une manière de reconnaître ce que nous sommes : « de pauvres mortels ». Et oui, vous mourrez. Nous aussi, mais après !
Rire est libérateur et expiatoire lorsque ce rire ne passe pas par le nettoyage d’une bouche un peu serrée, étroite. En cul de poule.

Au lieu de déverser une haine que nous ne savons exprimer autrement (via les réseaux sociaux) à l’écoute de faits divers (par ailleurs souvent terribles) faisons de l’humour. Noir.
Le noir, ça va avec tout.

On baigne dans le politiquement correct laissant la place à des politiques qui font de moins en moins de politique (au sens de l’organisation de l’État) et de plus en plus de caricature (au sens du spectacle).

Faut-il qu’un comique se présente aux élections pour que les politiciens aient la science des affaires de la cité ?

Laurent Geny

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