jeudi 6 février 2014

J'ai tout lu Freud... avec Henri


« 
- Oui ?
- J'ai été élevé par ma mère et ma grand-mère, 
un père absent ! 
Cela a été quelque chose de difficile, mais j'avais beaucoup de volonté et j'ai assumé.
- mmmhhh...
- ...
- Vous étiez donc l'homme de la maison et cela vous a empêché d'accepter votre part de féminité.
- Monsieur, les raccourcis que vous prenez manquent de dignité ! C'est une caricature absolue et vous me roulez dans le caniveau ! Un grand ménage est nécessaire dans votre tête...
- Parlez-moi de votre mère.
- Et cela vous conduirait où ? A me discréditer, à m'écarter de la voie que je me suis tracée, à me faire rompre le pacte que j'ai conclu avec la Nation !
J'ai des convictions monsieur que je défendrai jusqu'au bout, ce n'est pas pour rien que j'ai su faire parler !
- Vous semblez très agacé !
- C'est inadmissible !
Vous ne savez pas ce que c'est que d'être montré du doigt par les autres, que de porter un autre nom que celui du père, que de voir sa mère faire le ménage, que de rater plusieurs fois le concours de l'ENA, que...
- Que de que !
- Monsieur, c'est intolérable, et diffamant ! Vous croyez que m'humilier fait de vous un professionnel ! Ma conception de la psychanalyse n'est pas celle-là, monsieur !
Je me sens attaqué dans ma chair et croyez-moi je donnerai des suites à tout ceci !
- Bien, il semble que vous ne soyez pas prêt et que vous ne souhaitiez pas entamer un travail. Sachez tout de même que ma porte vous est ouverte. Lorsque vous vous sentirez en demande n'hésitez pas !
- On ne m'a jamais traité ainsi, je suis un représentant de la Nation, monsieur. Vous êtes une honte. J'ai des amis au Conseil de l'Ordre, vous entendrez parler de moi ! Et ne me parlez pas de primaire ! »



Laurent Geny


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