Ce matin, je me suis
réveillé de bonne humeur, j'avais dormi une nuit complète.
Je me suis fait un café
et j'ai allumé la radio. J'aime bien la radio. J'écoute et mon
esprit se met alors à vagabonder librement.
C'est l'heure des infos
et, bien sûr, les mauvaises nouvelles se succèdent. Enfin, je
crois. Je vagabonde devant mon café.
Une formule m'interpelle,
« Conférence écologique ». Parait que ça se termine.
J'associe aussitôt les
deux mots à la voiture. Celle qui m'encombre, me coûte cher et dont
je ne peux me passer. Ici, l'association « conférence
écologique » et voiture ne peut s'expliquer pour le moment et
mon psy ne travaille pas le samedi.
En errance devant mon
café, je reviens à la voiture et je me dis que je pourrais
remplacer ma « titinne » (ça ne se fait plus de donner
un petit nom à sa voiture!) par une voiturette électrique que
j'appellerais « turette » !
Ce serait tellement mieux
pour la planète, pour se garer, pour mes finances...
Mon vagabondage se
stabilisant, je me laisse bercer par l'idée d'être au volant de la
voiturette, je lui avais déjà trouvé un nom : turette !
Mais dès que le visuel
prend place mon esprit débande. J'avais soudainement l'image bien
présente et plus précise dans mes yeux : je me voyais comme
fuyant l'Union Soviétique par un jour de pluie ou comme si on
m'avait retiré le permis pour incapacité à la conduite ou
alcoolisme aggravé ou comme si j'affichais irrémédiablement de la
pauvreté.
Alors, j'ai pensé que les
designers automobiles avaient encore beaucoup de travail à réaliser
pour rendre la voiturette moins honteuse, attrayante et voyante. Un
peu rigolote même ne me déplairait pas.
J'ai tourné la cuillère
dans mon café que je ne sucre jamais, et j'ai continué à
vagabonder pensant que « titinne », rutilante et
polluante, ferait encore l'affaire pour le moment.
J'ai regardé par le
fenêtre. Le soleil était là.
Laurent Geny
Laurent Geny
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