jeudi 5 décembre 2013

Quatre étoiles

J'aime bien les touches de luxe dans mon quotidien et les nuances de confort ne m'effraient pas.
Attention ! J'ai aussi du plaisir à coucher dans un gîte ou sous la tente (la caravane un peu moins).
A déambuler dans les quartiers malfamés des grandes villes, à manger un kebab.
J’aime le kitsch, le populaire, manger les merguez et les frites avec les doigts, parler à des gens pauvres en esprit (je le suis pour d'autres : pauvre d'esprit !).
J'aime m'occuper d'un jardin et boire du vin de table espagnol dans des endroits miteux de la frontière.
Ceci pour vous conter mon désarroi d' il y a quinze jours.
C'est donc à trois heures de route de notre maison que ma conscience a sursauté, me signifiant mon goût résolu pour une forme de luxe.
Nous avions profité d'une promotion sur un hôtel quatre étoiles situé à trois heures de chez nous.
C'était l'occasion de passer un week-end dépaysant.
7h45 (à peu près, je ne porte plus de montre depuis des années et je demande l'heure à mon épouse c qui est bien plus confortable) nous nous sommes rendus à la salle du petit déjeuner.
Le buffet était donc conséquent : viennoiseries et pâtisseries en quantité, charcuteries, laitages à boire et à manger, jus de fruits divers...
Mon épouse avait les yeux brillants 
(elle est gourmande mon épouse) et je dois dire qu'elle s'est régalée.
Mais moi, j'ai fait ma mauvaise tête. Après plusieurs tours du buffet, je n'ai pas trouvé ce que je cherchais.
MON plaisir, MON luxe, au petit déjeuner, surtout quand celui-ci scintille de quatre étoiles dorées, est de boire un bon café bien noir. Bon, là je m'étais préparé à être déçu. En effet, le bon café, celui qui vous remue juste assez l'intérieur pour que le réveil soit un plaisir est rare dans les cafés et les hôtels.
Mais par-dessus tout, ce qui me fait envie, le matin au petit-déjeuner, principalement dans un lieu censé représenté l'art de vivre à la française, c'est boire une orange pressée.
Pas compliqué, pas extraordinaire ; une ou deux oranges et un presse-agrumes.
Un vrai fruit pressé plutôt que cette cascade de fruits sans saisons, que ce jambon polyphosphaté livré par un distributeur, que ce fromage déballé de son cellophane, qu’un croissant nappé de chocolat qui vient d’être décongelé, qu’un jus de fruit bourré de bêta-carotène, de benzoate de sodium, de sorbate de potassium et d'E110.
J'étais même prêt à presser moi-même l'agrume.
La profusion ne m'impressionne pas et elle n'est pas synonyme de qualité.
Moi, ce qui m'aurait fait plaisir c'est un jus d'orange, mais pressé.
D'aucuns diront que je suis snob !

Laurent Geny

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire